No Cure annonce It Is Going To Get Dark, un premier album taillé dans l’obscurité
Vous pouviez le sentir venir. No Cure, quatuor de Birmingham, Alabama, accumule depuis 2022 les EP ravageurs et les tournées épuisantes avec une discipline qui ressemble à de l’entêtement — ou à de la conviction, selon l’angle où l’on se place. Avec It Is Going To Get Dark, prévu le 10 juillet 2026 via SharpTone Records, le groupe franchit une étape décisive : son premier album complet, douze morceaux d’un metallic hardcore qui ne recule devant aucune noirceur.
Le mot-clé No Cure album It Is Going To Get Dark résonne désormais dans les conversations de la scène heavy américaine. Et pour cause : ce disque n’est pas simplement un passage de l’EP au format long. C’est un manifeste. Enregistré au fond des bois d’Alabama, dans une cabane isolée où le groupe s’est reclus une bonne partie de 2025, l’album porte en lui l’empreinte d’un isolement voulu, d’une immersion totale dans le chaos du monde contemporain.

Un premier album attendu depuis deux EP destructeurs
Actifs depuis 2022, No Cure ont bâti leur réputation sur trois sorties successives : For The Stainless Steel…, The Commitment To Permanence et I Hope I Die Here, ce dernier paru presque deux ans avant It Is Going To Get Dark. À chaque EP, le groupe a resserré son identité sonore — un hardcore DIY musclé par des incursions dans le death metal moderne et des beatdowns gorgés de groove.
Le passage au long format n’est pas anodin. Il implique une cohérence narrative que le format EP n’exige pas. No Cure semble l’avoir compris : les douze titres de l’album s’enchaînent comme autant de décharges, condensées pour la plupart en moins de trois minutes, sans introduction superflue ni détour inutile.
Le chemin jusqu’à cet album a également été tracé sur scène. Les tournées aux côtés de The Acacia Strain ou Cattle Decapitation ont forgé un groupe capable de tenir une salle sans filet — une expérience que le chanteur Blaythe Steuer décrit sans romantisme excessif : « Il est clair que les choses empirent et qu’aucune fin n’est en vue. Cette fixation, combinée au mode de vie épuisant de la tournée, a produit le LP parfait. »

Convulsing In The Dark : le single qui annonce la couleur
Pour accompagner l’annonce de l’album, No Cure lâche Convulsing In The Dark comme premier single — un choix éloquent. Le titre figure en huitième position sur la tracklist et concentre ce que le groupe fait de mieux : des passages carrément death qui viennent élargir le spectre sonore sans trahir l’ADN hardcore.
Le single fonctionne comme une carte de visite pour les non-initiés et comme une promesse tenue pour les fidèles. Il illustre la capacité du groupe à naviguer entre brutalité frontale et construction sonore plus élaborée, sans jamais sacrifier l’efficacité à la démonstration technique.
C’est cette même dynamique que l’on retrouve chez 156/Silence, qui dévoile From A Distance, un sixième album hanté — deux groupes qui, chacun à leur manière, refusent de laisser la noirceur devenir un simple accessoire esthétique.
Une cabane en Alabama et un producteur : les conditions d’un enregistrement radical
L’histoire de l’enregistrement de It Is Going To Get Dark mérite qu’on s’y arrête. No Cure a choisi de s’isoler dans une cabane reculée des bois d’Alabama pour concevoir et enregistrer l’album — une décision qui relève autant de la stratégie créative que de l’éthique DIY qui irrigue leur démarche depuis le début.
Cette immersion a été menée avec le producteur Kevin Langley, dont la signature sonore contribue directement à l’identité de l’album. Selon les chroniques parues au moment de la sortie, la production sonne massif, précis et organique : les guitares tranchantes, une batterie à la puissance redoutable, et le chant de Blaythe Steuer qui alterne rage et intensité avec une conviction permanente. Une qualité qui permet au groupe d’exploiter pleinement la richesse de ses compositions sans jamais sacrifier la violence qui fait son ADN.
L’isolement géographique a aussi une dimension conceptuelle. It Is Going To Get Dark observe un monde en déclin — et No Cure ne se contente pas de regarder le gouffre : ils lui crachent au visage, selon les mots de leur propre communication. Cette posture, entre lucidité froide et refus de la résignation, traverse l’ensemble des douze titres.
Une tracklist pensée comme un parcours
La tracklist d’It Is Going To Get Dark révèle une architecture cohérente, qui alterne frontalité et moments de respiration inattendue :
- When The Spasms Cease
- Oblivion Crusade
- Brain Matter Displacement (ft. Jayway de 25 Ta Life)
- Slowly Turning Blue
- Ironclad (ft. Tyler Short d’Inclination)
- Starved In Sanctuary (My Hands Are In Your Chest Cavity)
- My World In Flames
- Convulsing In The Dark
- Sharpen The Blade (ft. Skyler Conder de Varials)
- Purity Spiral (ft. Vincent Bennett de The Acacia Strain)
- I Am Still Fucking Straight Edge
- Everything I Love Is Dead Or Dying
Les invités méritent une attention particulière. No Cure a sollicité des figures de la scène heavy américaine avec une cohérence stylistique remarquable. Jayway de 25 Ta Life apporte un passage hip-hop sur Brain Matter Displacement, un mélange qui, loin d’être gratuit, s’articule naturellement avec les gang vocals du titre. Tyler Short d’Inclination renforce l’ancrage straight-edge du groupe sur Ironclad. Skyler Conder de Varials — lui aussi auteur d’un album remarqué en 2026 dans le genre — intervient sur Sharpen The Blade. Quant à Vincent Bennett de The Acacia Strain, sa présence sur Purity Spiral boucle un cercle : No Cure avait tourné avec The Acacia Strain, et ce featuring consacre une forme de reconnaissance mutuelle entre générations de la scène.
Un son qui dépasse le deathcore : l’identité propre de No Cure
Réduire It Is Going To Get Dark à une étiquette serait une erreur. Le groupe emprunte une voie plus chaotique que le deathcore standard, avec des embardées beatdown pleines de groove derrière une noirceur massive. Les comparaisons avec Knocked Loose s’imposent naturellement — et No Cure ne cherche pas à les éviter — mais le quartet s’en distingue régulièrement.
Les guitares épiques sur Starved In Sanctuary (My Hands Are In Your Chest Cavity) ou My World In Flames introduisent des mélodies à l’ancienne qui contrastent avec la brutalité de façade. Ces moments de relâchement apparent sont en réalité des respirations calculées, qui donnent encore plus de relief aux passages les plus violents.
📌 À retenir : It Is Going To Get Dark n’est pas un album de deathcore générique. No Cure y construit une identité propre, mêlant hardcore DIY, death metal, beatdown et mélodies épiques dans un ensemble qui refuse l’enfermement stylistique.
Cette capacité à mélanger les styles sans diluer l’identité rappelle la trajectoire d’autres groupes qui ont su faire de leur hybridité une force — Bring Me The Horizon, qui réenregistre Count Your Blessings vingt ans après, témoigne à sa manière de la permanence de cette tension entre fidélité aux racines et besoin d’évolution.
Thèmes : un monde qui s’effondre, vu depuis une cabane en forêt
Le titre de l’album n’est pas une métaphore abstraite. It Is Going To Get Dark s’ancre dans une lecture politique et sociale du monde contemporain — un monde que Blaythe Steuer observe avec une fixation qui confine à l’obsession.
La tracklist elle-même en porte les traces : Oblivion Crusade, My World In Flames, Everything I Love Is Dead Or Dying — des titres qui fonctionnent comme des instantanés d’un monde en délitement. L’album n’offre pas de solution, mais il ne se complait pas non plus dans un nihilisme de façade. Il crache sur le gouffre, ce qui est une forme d’engagement.
L’ombre du straight-edge plane sur l’ensemble — I Am Still Fucking Straight Edge est sans ambiguïté à ce sujet. Dans un registre où les excès sont souvent glorifiés, cette affirmation identitaire fonctionne comme un marqueur de résistance autant que d’appartenance.
Sur le front des premières livraisons sonores, No Cure avait également diffusé un deuxième single, Slowly Turning Blue, en juin 2026, renforçant l’idée d’un groupe qui construit sa sortie avec méthode — un single par mois, une anticipation qui tranche avec la précipitation habituelle des annonces du genre.
It Is Going To Get Dark sort le 10 juillet 2026 via SharpTone Records. Une édition CD limitée est également prévue en août 2026. Pour un groupe qui s’est construit sur l’éthique DIY et le circuit des salles, l’arrivée sur un label de cette envergure marque un tournant — sans que le son, visiblement, en ait payé le prix.
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