156/Silence dévoile *From A Distance*, un sixième album hanté

156/Silence dévoile From A Distance, un sixième album hanté

Vous attendiez la suite de People Watching — elle arrive, chargée de quelque chose de plus lourd que le métal. 156/Silence, le quintet atmosphérique originaire de Pittsburgh, Pennsylvanie, vient d’annoncer From A Distance, son sixième album studio, prévu le 4 septembre 2026 via Pure Noise Records. Un disque de douze titres qui s’annonce comme une œuvre de rupture : plus sombre, plus cinématographique, affranchi des étiquettes. Et derrière chaque note, une absence que les mots peinent à contenir.

Le 156/Silence nouvel album From A Distance n’est pas seulement une suite discographique. C’est, à en juger par les premiers signaux, une traversée. Le premier single No Arms — déjà disponible avec son clip officiel — donne le ton : une musique qui parle de vulnérabilité absolue, d’impuissance face aux événements qui nous dépassent. Dans un paysage heavy contemporain où des groupes comme Saosin font leur retour après dix ans de silence, la sortie de From A Distance s’impose comme l’un des événements de la rentrée 2026.


No Arms : premier single, premier vertige

Le groupe a accompagné l’annonce d’un clip pour No Arms, et la déclaration qui l’entoure vaut qu’on s’y attarde.

"No Arms is about being without a way to protect yourself and what belongs to you. Being alone and afraid, not having any means to control the situations that befall on us. The overwhelming feeling of being helpless until we’re not. Until somebody saves us."
156/Silence, communiqué officiel (mai 2026)

Il y a dans cette formulation une franchise désarmante. Pas de métaphore ornementale, pas de posture rock. Une description clinique de la détresse — et l’espoir, glissé dans la dernière phrase comme une bouée lancée à la nuit.

Musicalement, No Arms confirme la trajectoire esquissée sur People Watching tout en poussant les curseurs vers une noirceur plus assumée. La lourdeur est là, écrasante, mais elle coexiste avec des textures atmosphériques qui évoquent davantage une bande originale de film d’horreur que le metalcore canonique.

Une genèse marquée par le deuil

On ne peut pas écouter From A Distance sans connaître le contexte de sa création. Le groupe a traversé la perte de Lukas Booker, leur bassiste, et c’est dans cet espace de douleur que l’album a pris forme.

Le deuil comme moteur créatif — c’est une réalité que connaissent bien les artistes qui refusent de le sublimer en abstraction. The Leaving, avec Ultimate Buzz, a emprunté un chemin similaire : faire du chagrin non pas un sujet, mais une matière sonore. 156/Silence semble avoir opté pour la même alchimie difficile — transformer l’indicible en décibels.

Cette dimension émotionnelle traverse la tracklist comme une veine sombre. Des titres comme An Early Exit, Phoenix Dies ou After Dusk n’ont pas été choisis au hasard. Ils dessinent une cartographie du deuil, de la perte et de la résilience — une progression narrative qui fait de l’album une œuvre cohérente plutôt qu’une collection de morceaux.

Douze titres, un univers sonore élargi

La tracklist complète de From A Distance révèle un disque ambitieux dans sa construction :

  1. Control Burns
  2. No Arms
  3. Order & Entropy
  4. Swept From Under (Call Of The Void)
  5. An Early Exit
  6. Collateral (ft. Tony Castrati de Crippling Alcoholism)
  7. Cannon Fodder (ft. Mike Hranica de The Devil Wears Prada)
  8. Secret Room
  9. Proxy Idols
  10. Phoenix Dies
  11. From A Distance (ft. Alex Reade de Make Them Suffer)
  12. After Dusk

Les collaborations méritent une attention particulière. Mike Hranica, voix de The Devil Wears Prada, apporte sur Cannon Fodder un registre vocal qui a forgé une partie de l’histoire du metalcore de la dernière décennie. Alex Reade, de Make Them Suffer, participe au morceau-titre — un choix symbolique fort, comme si le groupe voulait que la chanson qui donne son nom à l’album soit portée par plusieurs voix, plusieurs deuils peut-être.

📌 À retenir : From A Distance sort le 4 septembre 2026 via Pure Noise Records. Douze titres, produit par Josh Schroeder, avec des featurings de Mike Hranica (The Devil Wears Prada) et Alex Reade (Make Them Suffer). Les précommandes sont ouvertes.

La production de Josh Schroeder : une signature qui compte

Derrière les faders, c’est Josh Schroeder qui officie — un nom qui suffit à situer les ambitions sonores du disque. Schroeder a travaillé avec King 810, Lorna Shore et The Plot In You : trois univers distincts, mais tous marqués par une recherche d’intensité émotionnelle et de profondeur sonore.

Son approche avec 156/Silence semble avoir visé un équilibre délicat : conserver la brutalité qui est la marque du groupe, tout en ouvrant l’espace vers quelque chose de plus vaste. Le résultat annoncé — "une lourdeur écrasante, une atmosphère troublante et une profondeur émotionnelle" — ressemble moins à une description marketing qu’à un programme esthétique assumé.

L’album puise ses influences dans des territoires inattendus pour du metalcore : l’horreur cinématographique, les séries télévisées de prestige, les bandes originales de jeux vidéo rétro. Cette hybridation des sources est précisément ce qui distingue 156/Silence d’un groupe qui se contenterait de reproduire les codes du genre.

156/Silence : dix ans de trajectoire ascendante

Fondé en 2015 dans l’Ohio — une région qui a produit une densité remarquable de groupes heavy — 156/Silence a construit sa réputation sur une discographie cohérente et exigeante.

La trajectoire du groupe, de leurs débuts jusqu’à People Watching en 2024, témoigne d’une évolution constante : chaque album a poussé un peu plus loin les frontières entre metalcore, mathcore et ambient. From A Distance s’inscrit dans cette logique d’expansion, mais avec une urgence nouvelle que le deuil a sans doute précipitée.

Dans un contexte où Bring Me The Horizon réenregistre Count Your Blessings vingt ans après pour mesurer le chemin parcouru, 156/Silence, eux, avancent. Pas de nostalgie : un mouvement perpétuel vers l’avant, même quand l’avant ressemble à une falaise.

⚠️ Attention : La disponibilité physique du CD peut varier selon les distributeurs — certains revendeurs indiquent des délais liés aux livraisons fournisseurs. Il est conseillé de précommander directement auprès des canaux officiels (Pure Noise Records ou Season of Mist).

Entre hard rock et mathcore : un groupe inclassable

La force de 156/Silence est précisément de résister à l’étiquette. Leur Spotify les décrit comme produisant une musique "intense, foreboding" — menaçante, prémonitoire. Les playlists editoriales d’Apple Music les rangent dans le metalcore, le hard rock et le metal alternatif simultanément.

From A Distance semble vouloir jouer de cette indéfinition plutôt que de la résoudre. Le mélange entre hard rock, textures expérimentales et racines chaotiques du mathcore n’est pas un compromis : c’est une synthèse. Une identité sonore qui s’affirme précisément parce qu’elle refuse d’être contenue.

C’est peut-être là le véritable héritage de Lukas Booker dans cet album : non pas une plaque commémorative sonore, mais l’impulsion vers un dépassement. Faire de la perte non pas une limite, mais un horizon. From A Distance — le titre lui-même dit tout. Regarder ce qui est loin. Et continuer à marcher vers lui.


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