- L’origine d’un programme né d’un écart de représentation
- Comment fonctionne concrètement le mentorat 23%
- L’impact mesuré depuis 2018 : les chiffres ne mentent pas
- Le 23% dans l’architecture des engagements equity d’APRA AMCOS
- Modalités de candidature : ce qu’il faut savoir avant le 3 mai
- Ce que le 23% dit de l’industrie musicale en 2026
Le programme de mentorat 23% d’APRA AMCOS : candidatez avant le 3 mai
Vous avez jusqu’au 3 mai pour déposer votre candidature à l’un des programmes les plus structurants de l’industrie musicale australienne et néo-zélandaise. Le programme de mentorat 23% d’APRA AMCOS ouvre chaque année ses portes à quatorze créatrices et autrices-compositrices, avec à la clé six mois d’accompagnement intensif et une bourse de 3 000 dollars australiens. Un dispositif né d’un constat aussi simple qu’implacable : en 2018, seulement 23 % des membres d’APRA AMCOS ayant déclaré des revenus de droits étaient des femmes ou des personnes non binaires.
Ce chiffre-là n’était pas un objectif. C’était une honte statistique. Et c’est précisément pour l’effacer que le programme a vu le jour.

L’origine d’un programme né d’un écart de représentation
2018 : quand les données forcent à agir
APRA AMCOS — l’Australasian Performing Right Association et l’Australasian Mechanical Copyright Owners Society — est l’organisme de gestion collective qui redistribue les droits d’auteur à quelque 115 000 membres en Australie et en Nouvelle-Zélande.
En 2018, ses propres données internes révèlent que les femmes ne représentent que 23 % des membres percevant des royalties. Non pas parce qu’elles écrivent moins, mais parce qu’elles accèdent moins aux réseaux, aux studios, aux collaborations qui génèrent de la visibilité — et donc des revenus.
De ce pourcentage embarrassant, l’organisation fait un nom de programme. Un acte rhétorique astucieux : transformer un aveu d’échec systémique en étendard de mobilisation.
Un programme structurel, pas symbolique
Le 23% n’est pas une initiative de relations publiques habillée en action sociale. Dès sa première édition, il s’est distingué par sa durée — six mois —, son financement direct — 3 000 $ australiens par participante — et son ancrage dans des dyades mentor-mentorée soigneusement constituées.
💡 Astuce : Le programme est ouvert aux autrices-compositrices, productrices et professionnelles de la musique qui s’identifient comme femmes ou personnes non binaires. Il n’est pas réservé aux débutantes — des professionnelles en mi-carrière y trouvent aussi un levier de développement.

Comment fonctionne concrètement le mentorat 23%
14 places, six mois, un mentor senior
Chaque cohorte réunit 14 participantes, sélectionnées sur dossier par un jury interne à APRA AMCOS. L’organisation s’attache à varier les disciplines représentées : composition pop, musique de film, production électronique, songwriting country, musique de jeu vidéo.
Le programme se déroule sur six mois, selon un format hybride combinant :
- Sessions individuelles avec le ou la mentor assigné(e) — un professionnel senior de l’industrie musicale australienne ou néo-zélandaise.
- Ateliers collectifs sur des thématiques ciblées : négociation de contrats, placement en synchro, pitch éditorial, gestion des droits.
- Événements de networking organisés par APRA AMCOS, avec accès à des cercles habituellement fermés aux artistes en développement.
- Un bilan de mi-parcours permettant d’ajuster les objectifs professionnels de chaque participante.
La bourse de 3 000 $ : un signal concret
La bourse de 3 000 dollars australiens versée à chaque participante n’est pas anecdotique. Elle couvre une partie des coûts souvent invisibles du développement de carrière : frais de déplacement pour assister à des showcases, sessions de studio, frais d’inscription à des conférences.
📌 À retenir : La bourse n’est pas conditionnée à la livraison d’une œuvre ou d’un projet. Elle reconnaît le temps investi dans la formation professionnelle comme un travail à part entière.
L’impact mesuré depuis 2018 : les chiffres ne mentent pas
Des alumni qui transforment leur trajectoire
Depuis son lancement, le programme 23% a accompagné plus d’une centaine de créatrices. Plusieurs alumni sont depuis devenues des figures reconnues de l’industrie australienne — compositrices pour la télévision publique, productrices signées sur des labels indépendants, membres de comités éditoriaux.
APRA AMCOS cite régulièrement des témoignages d’anciennes participantes qui soulignent deux apports distincts : l’accès au réseau et la légitimation psychologique. Ce deuxième point mérite attention.
Beaucoup de créatrices rejoignent le programme avec un catalogue solide mais une confiance professionnelle fragilisée par des années d’invisibilité systémique. Le mentorat agit alors moins comme une transmission de compétences que comme une validation d’une posture professionnelle que l’industrie avait jusqu’ici ignorée.
Des témoignages qui disent la réalité du terrain
L’autrice-compositrice Georgia Mulligan, alumni de la cohorte 2021, décrivait son expérience en ces termes dans une interview accordée à APRA AMCOS : « Ce programme m’a donné accès à des conversations qui n’auraient pas été possibles autrement. Non pas parce que je n’en étais pas capable, mais parce que personne ne m’avait ouvert la porte. »
Ce type de témoignage revient avec une régularité troublante dans les bilans publiés par l’organisation : ce que le programme offre, ce n’est pas du contenu — c’est de la perméabilité structurelle.
📌 À retenir : Depuis 2018, chaque cohorte annuelle comprend 14 participantes issues de disciplines et de zones géographiques variées, avec une attention particulière portée à la représentation des artistes des Premières Nations d’Australie et de Nouvelle-Zélande.
Le 23% dans l’architecture des engagements equity d’APRA AMCOS
L’objectif 40/40/20 : un cadre plus large
Le programme de mentorat ne flotte pas seul dans le vide institutionnel. Il s’inscrit dans un engagement plus structurel porté par APRA AMCOS : l’objectif 40/40/20.
Ce cadre, adopté en cohérence avec les standards de l’industrie musicale australienne, vise à ce que les femmes et les personnes non binaires représentent au moins 40 % des artistes programmés, produits ou soutenus dans chaque activité de l’organisation. Les 20 % restants correspondent à des profils non genrés ou non binaires.
Le mentorat 23% est l’un des outils concrets au service de cet objectif. Il agit en amont, au niveau de la formation et du développement, pour que les artistes accompagnées soient en position d’atteindre les niveaux de visibilité et de revenus qui feront évoluer les statistiques globales.
Une stratégie à deux temps
La logique d’APRA AMCOS est cohérente : on ne peut pas espérer atteindre la parité dans les distributions de droits si l’on n’intervient pas sur les conditions de production, d’accès au marché et de confiance professionnelle en amont.
Le programme 23% n’est donc pas une mesure compensatoire. C’est un investissement structurel dans la diversité du catalogue de l’industrie musicale de la région — ce qui, à terme, bénéficie à l’ensemble de l’écosystème.
| Indicateur | Avant le programme (2018) | Évolution observée |
|---|---|---|
| Part des femmes dans les membres percevant des droits | 23 % | En progression continue |
| Nombre de participantes accompagnées depuis 2018 | 0 | 100+ |
| Bourse individuelle | — | 3 000 $ AUD par cohorte |
| Durée du programme | — | 6 mois par cycle |
| Places par cohorte | — | 14 |
(Sources : APRA AMCOS, rapports annuels 2019-2024)
Modalités de candidature : ce qu’il faut savoir avant le 3 mai
Qui peut candidater ?
Le programme est ouvert aux créatrices et professionnelles de la musique qui :
- S’identifient comme femmes ou personnes non binaires
- Sont membres d’APRA AMCOS ou éligibles à l’adhésion
- Exercent en Australie ou en Nouvelle-Zélande
- Sont engagées dans une activité de création ou de production musicale active
Il n’existe pas de critère strict d’ancienneté ou de niveau de revenus. Des candidates en début de carrière côtoient des professionnelles établies cherchant à franchir un palier.
Comment constituer un dossier solide
Le dossier de candidature comprend généralement une présentation de parcours, des extraits de travaux, et une lettre de motivation détaillant les objectifs professionnels pour les six prochains mois. Le jury cherche moins un portfolio impressionnant qu’un projet de développement clairement articulé.
⚠️ Attention : La clôture des candidatures est fixée au 3 mai. Aucune candidature transmise après cette date ne sera examinée, quelle que soit la qualité du dossier.
Où déposer sa candidature
Les candidatures se font directement via le portail en ligne d’APRA AMCOS, accessible depuis leur site officiel. L’organisation met à disposition une FAQ détaillée et propose des sessions d’information pour les candidates qui souhaitent clarifier leur éligibilité avant de soumettre.
Ce que le 23% dit de l’industrie musicale en 2026
Le programme de mentorat 23% est, d’une certaine façon, le portrait en négatif de l’industrie musicale australienne et néo-zélandaise. Il existe parce que cette industrie a longtemps fonctionné comme un club dont les codes d’entrée étaient tacitement genrés.
Mais il est aussi, plus positivement, la preuve qu’une organisation de gestion collective peut décider de peser sur les structures plutôt que de se contenter de les refléter.
En 2026, à l’heure où les débats sur la parité dans les festivals, les studios et les maisons d’édition musicale se sont intensifiés dans toute la région, le programme 23% reste l’un des dispositifs les plus directement opérationnels de la région Pacifique dans ce domaine. Quatorze places. Six mois. Trois mille dollars. Et une date limite : le 3 mai.
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