Dragonflies : Dhani Harrison et Nigel Godrich dévoilent leur duo

Dragonflies : Dhani Harrison et Nigel Godrich dévoilent leur duo avec « Slower »

Vous cherchiez la trace d’un supergroupe qui ne ferait pas semblant d’être discret : Dragonflies, le nouveau duo formé par Dhani Harrison et Nigel Godrich, vient de sortir de l’ombre avec un premier single, « Slower ». L’annonce s’accompagne d’un album éponyme attendu pour le 18 septembre chez Dark Horse Records et BMG. Deux carrières considérables, une amitié de longue date, et un projet qui refuse obstinément de se presser — le nom du morceau d’ouverture n’a rien d’un hasard.

L’affaire mérite qu’on s’y attarde, ne serait-ce que parce qu’elle réunit un patronyme qui pèse dans l’histoire du rock et une oreille qui a façonné le son d’une des décennies les plus scrutées de la musique anglaise. Voici ce qu’il faut savoir.


« Slower », un morceau d’ouverture pensé comme une porte d’entrée

Le titre « Slower » ouvre officiellement l’ère Dragonflies. Le clip, réalisé par RUFFMERCY — animateur et réalisateur basé à Bristol, connu pour son style dessiné à la main aux accents psychédéliques — plonge l’auditeur dans une imagerie hypnotique, portée par une boucle de batterie tourbillonnante et des lignes de guitare en quête d’équilibre.

Interrogé sur la cohérence de l’ensemble, Nigel Godrich a résumé l’intention derrière ce choix de morceau d’ouverture :

💬 « Cet album a vraiment été pensé comme un tout. C’était l’idée dès le départ, et il se déploie progressivement. »
— Nigel Godrich, cité par Rolling Stone France

Le titre du morceau colle d’ailleurs à la genèse même du projet, née d’un double ralentissement biographique — sur lequel on revient plus bas.

Un album éponyme attendu le 18 septembre chez Dark Horse Records

L’album Dragonflies comptera huit morceaux pour environ 38 minutes, selon les informations disponibles sur les plateformes de streaming. Il sort chez Dark Horse Records, le label historique fondé par George Harrison en 1974, en partenariat avec BMG.

📌 À retenir : Dragonflies est disponible en précommande, avec une sortie fixée au 18 septembre 2026.

Voici la tracklist complète communiquée à l’occasion de l’annonce :

Titre
1 Slower
2 Setting Sun
3 Straight Line
4 Heart Or Head
5 Ophelia
6 The Weight
7 In Between
8 End Of World

Selon un communiqué de presse relayé par le site Ephelide, le résultat sonore est décrit comme « une sorte de rock spatial ancré dans la terre : évocateur et d’une grande portée, sans pour autant tomber dans les clichés psychédéliques ». Le site Gonzo Music va plus loin en rapprochant l’atmosphère de « Slower » de celle du Dark Side Of the Moon de Pink Floyd, tout en soulignant qu’on est très loin des « éructations sous amphétamines » d’un Marilyn Manson — la comparaison a le mérite de planter le décor.

Une amitié née dans le studio de Brixton, accélérée par la pandémie

Le duo n’a rien d’une rencontre de circonstance orchestrée par un attaché de presse en mal d’idées. Dhani Harrison et Nigel Godrich sont amis de longue date, et leur première véritable collaboration remonte à une conversation entamée pendant la pandémie de Covid-19. Cet échange débouchera d’abord sur l’album solo de Harrison, Innerstanding, sorti en 2023 — neuf ans après son précédent disque solo.

C’est dans le studio personnel de Harrison, à Brixton, que les deux musiciens se retrouvent ensuite pour construire les morceaux qui deviendront Dragonflies, à partir de boucles de bande magnétique, en travaillant « rapidement et instinctivement », selon le communiqué officiel du projet. Joey Waronker, batteur associé à Godrich au sein d’Ultraísta et d’Atoms for Peace, apporte son concours aux percussions.

Le processus créatif lui-même tient en une image, reprise presque mot pour mot par les deux artistes :

💬 « C’est comme si l’un lançait quelque chose en l’air et que l’autre le rattrapait. »
— Nigel Godrich

Dans la pratique, Harrison endosse le rôle de chanteur et de guitariste, tandis que Godrich « façonne le matériel en temps réel » — une répartition des tâches qui n’exclut pas, de l’aveu même de Harrison, une bonne dose d’humilité :

💬 « C’est une véritable machine. Il a une idée très précise de ce qu’il veut entendre, et pour moi c’est une expérience très enrichissante, qui demande beaucoup d’humilité. C’est ce qui rend ce projet si nouveau. »
— Dhani Harrison, à propos de Nigel Godrich

Ce type de disque né d’un bouleversement personnel n’est pas isolé dans l’actualité musicale récente : on pense notamment au groupe The Leaving, dont le premier album Ultimate Buzz est né du deuil, preuve que la rupture de rythme reste un puissant moteur créatif, quelle qu’en soit l’origine.

Le sens du nom : pourquoi « Dragonflies » ?

Le choix du nom n’a rien d’arbitraire. Dhani Harrison en explique l’origine avec une conviction presque mystique :

💬 « Les libellules (dragonflies) sont un symbole d’éveil spirituel. Quand Nigel a proposé ce nom, je me suis dit : "parfait, c’est exactement ça." Chaque fois que j’en vois une, il se passe quelque chose de magique. »
— Dhani Harrison

L’anecdote résume assez bien l’esprit du projet : deux musiciens chevronnés qui choisissent de nommer leur duo d’après un insecte réputé pour sa légèreté, alors même que leurs carrières respectives pèsent des tonnes de discographie.

Dhani Harrison, l’héritage réinventé loin de Los Angeles

Fils de George Harrison, guitariste des Beatles, Dhani Harrison a bâti une carrière qui dépasse largement la seule filiation. Son parcours inclut des albums solo salués par la critique, des collaborations au sein de thenewno2 et de Fistful of Mercy, ainsi que de nombreuses compositions pour le cinéma et la télévision.

La naissance de Dragonflies coïncide avec un changement de vie personnel : après vingt ans passés à Los Angeles, Harrison est revenu s’installer au Royaume-Uni. Ce retour au calme, cette prise de recul assumée, infuse directement le titre et l’esprit du morceau « Slower ».

Nigel Godrich, l’architecte sonore qui lève le pied

De son côté, Nigel Godrich reste avant tout connu comme le producteur historique de Radiohead, avec qui il a façonné des albums devenus des références absolues comme OK Computer ou In Rainbows. Sa discographie de producteur s’étend bien au-delà : Beck, IDLES, Macca (Paul McCartney) ou encore Rosalía ont fait appel à lui.

Membre fondateur d’Atoms for Peace aux côtés de Thom Yorke et de Ultraísta, Godrich signe avec Dragonflies son premier album personnel depuis six ans. Le timing n’est pas neutre : au moment où débute la collaboration avec Harrison, le producteur décide justement de lever le pied sur les tournées et les enregistrements extérieurs. Deux trajectoires qui ralentissent au même instant, et qui finissent par se croiser dans un studio de Brixton.

Beth Gibbons, David Sylvian, Ryuichi Sakamoto : les influences assumées du duo

Le communiqué de presse accompagnant l’annonce cite explicitement trois références qui éclairent l’orientation sonore de l’album : Beth Gibbons, chanteuse de Portishead, David Sylvian, ancien leader de Japan, et le compositeur japonais Ryuichi Sakamoto.

Ce triptyque d’influences dessine assez précisément les contours du disque :

  • Beth Gibbons / Portishead — pour l’intensité vocale feutrée et l’ambiance trip-hop diffuse.
  • David Sylvian — pour l’élégance minimaliste et le sens de l’espace sonore.
  • Ryuichi Sakamoto — pour la texture instrumentale, entre électronique et orchestration délicate.

💡 Astuce : pour se faire une idée du résultat avant la sortie complète, la comparaison la plus fréquemment évoquée par la presse musicale reste l’atmosphère planante du Dark Side of the Moon de Pink Floyd — un repère utile, même si Dragonflies revendique une identité propre, éloignée des clichés psychédéliques.

Ce qu’il faut retenir avant la sortie du 18 septembre

📌 Key takeaways

  • Dragonflies réunit Dhani Harrison (chant, guitare) et Nigel Godrich (production).
  • L’album éponyme sort le 18 septembre chez Dark Horse Records / BMG.
  • Le single « Slower » ouvre le disque, clip signé RUFFMERCY.
  • Le projet est né pendant la pandémie, entre Brixton et le ralentissement de deux carrières.
  • Influences citées : Beth Gibbons, David Sylvian, Ryuichi Sakamoto.

La rentrée musicale ne manque décidément pas d’alliances inattendues : quand DragonForce accueille Alissa White-Gluz aux côtés de son line-up metal, ou que Ninajirachi bouleverse la scène électro à Coachella avec un remix aux côtés d’Underscores, on mesure à quel point les frontières entre générations et esthétiques continuent de se redessiner. Dragonflies s’inscrit dans ce même mouvement, à sa manière : moins bruyante, plus contemplative, mais tout aussi déterminée à ne rien devoir à personne.

Reste à écouter, le 18 septembre, si la lenteur revendiquée par le duo tient ses promesses sur la durée d’un album complet — huit morceaux, trente-huit minutes, et visiblement aucune envie de se justifier.


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