Deep Purple « Splat » (2025) : le 24e album produit par Bob Ezrin

Deep Purple Splat! (2025) : le 24e album produit par Bob Ezrin

Vous pensiez peut-être que Deep Purple avait dit l’essentiel. Que le groupe fondé en 1968, auteur de Highway Star, de Smoke on the Water et de Lazy, était désormais condamné à l’honorable retraite des monuments historiques. Splat!, leur 24e album studio, prévu le 3 juillet chez earMUSIC, démentit cette hypothèse avec une brutalité réjouissante. Produit une nouvelle fois par Bob Ezrin — sixième collaboration entre l’homme et le groupe —, l’album s’annonce comme le plus lourd, le plus physique, le plus vivant que Deep Purple ait enregistré depuis des années. Ian Gillan lui-même, à plus de 80 ans, compare l’énergie actuelle du groupe à celle de la période 1969-1973, soit l’âge d’or absolu du hard rock britannique. Quand un homme ayant chanté Machine Head prononce ce genre de phrase, on tend l’oreille.


Bob Ezrin de retour : une alchimie qui n’a rien d’accidentel

Bob Ezrin n’est pas un producteur ordinaire. Son nom figure au générique de The Wall de Pink Floyd, de Destroyer de KISS, de Welcome to My Nightmare d’Alice Cooper, de Berlin de Lou Reed. C’est un architecte du son, un homme qui sait transformer une session d’enregistrement en événement.

Pour Splat!, Ezrin retrouve Deep Purple pour la sixième fois. Et la méthode reste celle qui a toujours distingué le groupe : l’album a été enregistré en studio en conditions live, sans filet, dans la continuité d’une tradition que le groupe n’a jamais vraiment abandonnée. Pas d’overdubs cosmétiques, pas de corrections numériques dissimulées sous une production lisse. Ce qu’on entend sur Splat!, c’est Deep Purple en train de jouer ensemble, dans la même pièce, comme en 1972.

📌 À retenir : Splat! est le 24e album studio de Deep Purple, produit par Bob Ezrin pour la sixième fois, enregistré en conditions live et prévu le 3 juillet chez earMUSIC.

Ian Gillan et le retour à l’âge d’or 1969-1973

La déclaration d’Ian Gillan mérite d’être citée dans son intégralité, parce qu’elle dit quelque chose de rare dans le monde du rock vieillissant — quelque chose qui n’est ni de la nostalgie ni de la forfanterie :

« La formation actuelle de Deep Purple reflète pleinement ce que serait une version très contemporaine du groupe tel qu’il existait dans les années 70. Je dois dire qu’aujourd’hui, nous sommes revenus à un répertoire en adéquation avec Highway Star, Smoke on the Water, Lazy — avec la dynamique, l’équilibre et le plaisir qui caractérisaient la musique que nous avons créée entre 1969 et 1973. Deep Purple se trouve aujourd’hui dans une excellente dynamique. »

Ce n’est pas de la modestie déguisée en provocation. C’est un diagnostic. La formation actuelle — Gillan au chant, Roger Glover à la basse, Ian Paice à la batterie, Steve Morse à la guitare, Don Airey aux claviers — fonctionnerait aujourd’hui avec la même friction créative, la même spontanéité que le line-up légendaire des années 70.

Le magazine Classic Rock Germany, qui fait figurer le groupe en couverture, décrit le single Arrogant Boy comme « un titre électrisant dans la lignée de Space Truckin’ ou Highway Star », ajoutant qu’il « ne copie pas ces classiques ; il les réinvente intelligemment ». C’est exactement le compliment qu’on ne peut pas s’inventer.

Arrogant Boy, Diablo et le concept de l’album

Deux singles, deux univers

Deep Purple a dévoilé deux extraits de Splat! avant la sortie officielle.

Arrogant Boy, le premier single, est décrit par Ian Gillan avec une désinvolture caractéristique : « C’est l’histoire de Billy, qui ne savait ni lire ni écrire. Il est mécontent de la situation, alors il prend la parole et trouve toujours un moyen d’agacer l’élite. Il n’y a rien de plus amusant. » Un portrait de l’arrogance populaire, porté par un riff massif et un groove tendu que le site Ouï FM compare directement aux grandes heures du groupe.

Diablo, le second extrait, convoque un univers surréaliste — une héroïne traverse une rivière, saute dans une arène de combat, célèbre sa victoire autour d’un seau de vin, tombe dans une piscine scintillante. Le titre bénéficie d’un invité de marque : Keith Urban, guitariste, chanteur et lauréat d’un Grammy Award, assure la seconde guitare. Gillan commente : « Tout tourne autour de la prise de risques. Faites quelque chose d’excitant, sortez du cadre. »

Un concept philosophique discret

Au cœur de Splat! se trouve une idée développée par Ian Gillan : l’album explore la fin de l’humanité non pas comme destruction, mais comme transformation. Une métamorphose au-delà de l’existence physique. On est loin de l’apocalypse bruyante — plus proche, en réalité, d’une méditation sur la continuation. Le concept sera dévoilé plus en détail dans les semaines précédant la sortie, selon earMUSIC. Une façon d’entretenir l’impatience avec une certaine élégance.

Cette approche conceptuelle n’est pas sans rappeler la démarche d’autres géants du rock qui continuent à prendre des risques artistiques — à l’image des Rolling Stones et leur album Foreign Tongues prévu en juillet 2026, dont la sortie coïncide presque avec celle de Splat!.

La tracklist complète de Splat!

L’album compte 13 titres. Double disque, donc, avec une générosité rare pour une formation de cette ancienneté :

  1. Arrogant Boy
  2. Diablo
  3. The Rider
  4. The Lunatic
  5. The Only Horse In Town
  6. Sacred Land
  7. The Beating Of Wings
  8. Guilt Trippin’
  9. Scriblin’ Gib’rish
  10. Jessica’s Bra
  11. Third Call
  12. My New Movie
  13. Splat!

Les titres révèlent une palette d’humeurs — de l’insolence (Arrogant Boy, Jessica’s Bra) à la méditation (Sacred Land, The Beating Of Wings) en passant par la provocation douce (Scriblin’ Gib’rish). Deep Purple n’a jamais été un groupe à se prendre entièrement au sérieux, et la tracklist de Splat! en porte la marque.

Formats de sortie disponibles

Splat! sera disponible en plusieurs éditions le 3 juillet chez earMUSIC :

Format Contenu Particularité
Coffret édition limitée 2 LP gatefold 180g + livret 12 pages format vinyle Édition collector premium
Double vinyle 2 LP gatefold Format audiophile standard
CD Album complet Version physique classique
Coffret deluxe CD CD + 3 maxi 45 tours live (captés en 2024) + 45 tours Guinnesis Contenu bonus exclusif
Numérique Streaming et téléchargement Disponible sur toutes plateformes

⚠️ Attention : Les précommandes sont ouvertes dès maintenant sur le site officiel d’earMUSIC. Le coffret édition limitée est susceptible d’être disponible en quantité restreinte.

86 concerts sur trois continents : la tournée mondiale

Une mobilisation d’une ampleur rare

Pour accompagner la sortie de Splat!, Deep Purple ne se contente pas d’une série de dates symboliques. La tournée mondiale 2026 compte 86 concerts dans 28 pays sur trois continents — un engagement physique qui, pour un groupe dont la formation la plus âgée dépasse les 75 ans, relève de l’exploit autant que de la vocation.

Parmi les étapes les plus attendues figure le Royal Albert Hall de Londres, temple du rock britannique, symbole d’une légitimité que Deep Purple n’a plus à conquérir mais continue d’habiter.

Les dates françaises

Les fans français auront leur part :

  • 22 octobre 2026 — Paris, Adidas Arena
  • 10 novembre 2026 — Strasbourg, Zénith
  • 12 novembre 2026 — Bordeaux, Arkéa Arena
  • 13 novembre 2026 — Nantes, Zénith
  • 15 novembre 2026 — Lyon, LDLC Arena

Cinq villes, cinq salles de grande capacité. Deep Purple n’envisage manifestement pas de jouer les tournées confidentielles — l’ambition affichée par Splat! se prolonge logiquement sur scène.

💡 Astuce : Les billets pour la date parisienne de l’Adidas Arena risquent de partir vite. Roger Glover devait d’ailleurs échanger en direct avec les fans lors de la première du clip Diablo sur YouTube — un signe de la proximité que le groupe entend maintenir avec son public.

Un album de 120 millions d’albums vendus qui n’a pas fini de compter

Deep Purple revendique plus de 120 millions d’albums vendus depuis sa formation en 1968. Splat! arrive donc dans un contexte où le groupe n’a strictement rien à prouver — ce qui est précisément la condition idéale pour prendre des risques. Enregistré live en studio, produit par Bob Ezrin avec une économie de moyens assumée, porté par des singles qui résistent à la tentation du pastiche, l’album semble tenir la promesse d’un retour à l’essentiel.

La formule est ancienne, mais elle tient : quand un groupe joue ensemble, dans la même pièce, sans chercher à se protéger derrière la technique, quelque chose passe dans l’enregistrement qui ne s’explique pas complètement. Made in Japan le savait. Machine Head le savait. Splat! semble vouloir le savoir à son tour.

Le 3 juillet, on saura si la promesse est tenue.


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