TTSSFU nouvelle musique : ce que révèle Tamsin Stephens à Mad Cool
Vous cherchiez des indices sur la TTSSFU nouvelle musique annoncée depuis la sortie de l’EP Blown ? Ils sont arrivés en marge du Mad Cool Festival, où la Mancunienne a accordé un entretien à ZikNation. Entre deux balances, l’artiste née Tamsin Stephens — orthographiée ailleurs Tasmin Nicole Stephens, les sources divergeant sur ce détail biographique — a livré un état des lieux rare : virage sonore, influences assumées, album fantôme et doute traversé en silence.
Rien de tout cela ne relève de la rumeur. Ce sont ses mots, recueillis dans les coulisses d’un festival où son concert a été salué comme "un carton", conclu par les deux cris tranchants d’I Hope You Die. De quoi donner du poids à ce qu’elle annonce pour la suite.
📌 À retenir
- TTSSFU amorce un retour à la dream-pop et à la synth-pop, après un Blown plus guitare.
- Ses influences citées : Robyn, Caroline Polachek, le film J’ai vu la télé briller.
- Un album synth-pop expérimental, réalisé après Blown, nourrira son prochain disque.
- Elle admet avoir douté d’elle-même après la sortie de l’EP, avant de retrouver confiance.
- Une tournée avec Blondshell est annoncée, dans un climat qu’elle décrit comme joyeux.

Qui est TTSSFU, la Mancunienne qui trouble le dream-pop indé
Avant d’être une signature chez Partisan Records — le label américain qui héberge notamment Idles, PJ Harvey et Laura Marling —, TTSSFU était une adolescente de Manchester qui enregistrait seule, sur GarageBand, dans sa chambre. L’EP Me, Jed and Andy, entièrement autoproduit, a posé les bases d’un univers oscillant entre les brumes de The Cure, l’énergie nerveuse de The Drums et le tranchant de The Strokes. Le single Studio 54 a scellé son entrée chez Partisan.
Son geste fondateur reste pourtant plus ancien et plus personnel. Elle le doit, dit-elle, à Kurt Cobain, cité comme déclencheur de sa vocation. Cette filiation grunge affleure encore dans Cat Piss Junkie, morceau de l’EP Blown qui s’ouvre sur un riff proche de celui de Should I Stay or Should I Go des Clash, avant de virer à la ritournelle entêtante.
Cette trajectoire — l’auto-production comme rite de passage, la signature en label indépendant comme consécration — n’est pas isolée dans le paysage actuel. On la retrouve, sous d’autres formes, chez des artistes qui doivent leur reconnaissance à des figures tutélaires du rock indé : Courtney Love s’est ainsi récemment déclarée conquise par Geese, preuve que l’aval des anciens compte encore dans ce milieu.

De Blown au tournant synth-pop : ce que révèle Tamsin Stephens à Mad Cool
« Je reviens à la dream-pop » : le virage annoncé
Sortie fin août 2025, Blown marquait une inflexion plus rock, plus chargée en guitares. À Mad Cool, Tamsin Stephens explique vouloir infléchir de nouveau la trajectoire : « I would say it’s a lot more synthy, and I’m trying to really connect what I do next with what I’m about passionate about », confie-t-elle à ZikNation, avant de préciser : « I went a little more guitar-based on the last EP, so now I’m going back to dream-pop. »
L’aveu est net : la synth-pop et la dream-pop ne sont pas pour elle une reconversion, mais un retour aux sources. Le prochain disque marquerait ainsi moins une rupture qu’un recentrage sur ce qui l’a initialement construite comme artiste.
Robyn, Caroline Polachek, « J’ai vu la télé briller » : les influences citées
Interrogée sur ses modèles du moment, TTSSFU cite sans détour :
- Robyn, dont elle salue le dernier album : « Really loved her new album, I just think it’s incredible ».
- Caroline Polachek, mentionnée comme référence de cette nouvelle direction pop.
- J’ai vu la télé briller (I Saw The TV Glow), le film dont elle dit : « That film blew my mind ».
Cette dernière référence, cinématographique et non musicale, illustre une méthode de composition qui puise autant dans l’image que dans le son — un trait que d’autres artistes de sa génération cultivent aussi lorsqu’ils préparent un virage stylistique. Rebecca Black a de son côté annoncé une musique inédite plus intense pour 2026, signe que ces confidences pré-sortie deviennent un exercice courant chez les artistes en pleine mutation.
💡 Astuce : pour situer l’ampleur du virage annoncé, il suffit de comparer les BPM et les textures de Blown — guitares saturées, tempo tendu — à celles, plus aériennes, que dessinent les références citées par l’artiste.
L’album synth-pop expérimental né dans l’ombre de Blown
Voici l’un des points les plus concrets révélés à ZikNation : entre la sortie de Blown et aujourd’hui, TTSSFU a discrètement enregistré un album entier de synth-pop expérimentale. Un disque qu’elle décrit sans grande cérémonie : « It was just an experiment, and I absolutely loved it. It was flawed in many ways, but I would say it inspired me to do what I’m going to do next. »
Ce projet ne restera pas totalement inédit. Elle confirme qu’un titre de cette collection figurera sur son prochain disque officiel : « There’s a lot of really special stuff that’s on that, and I keep pinching things from it. »
L’aveu a quelque chose d’une confession d’atelier — ce moment où l’artiste avoue piocher dans ses propres brouillons, comme on retourne fouiller un tiroir qu’on croyait clos. Rien n’y était destiné à la publication, et c’est peut-être ce qui en fait la matière la plus sincère.
Le doute après Blown : « il m’a fallu du temps »
C’est ici que l’entretien quitte le registre de la simple annonce promotionnelle pour toucher à quelque chose de plus personnel — et c’est sans doute l’information la plus révélatrice de cette rencontre à Mad Cool. Tamsin Stephens raconte une période de flottement après la sortie de Blown, directement liée à ses expériences de tournée aux côtés d’autres groupes :
« I’d say that’s the whole reason it’s taken me so long to get back to it, figure out what I actually want to do. Seeing other bands and touring with other bands, which I’d never done myself, I was doubting my own music and if it was exciting enough. »
Elle ajoute avoir dépassé cette phase : « I’ve gone back to thinking it is – don’t need to be too rock ‘n’ roll. »
📌 À retenir : ce passage à vide, provoqué par la comparaison avec d’autres formations en tournée, éclaire directement le virage vers la dream-pop — un genre où TTSSFU semble avoir retrouvé une légitimité qu’elle disait avoir perdue sur scène aux côtés d’artistes plus frontalement rock.
Chronologie d’une trajectoire en mouvement
| Étape | Repère |
|---|---|
| Débuts SoundCloud | Premières publications lo-fi, enregistrées à la maison |
| Me, Jed and Andy | EP autoproduit, signature chez Partisan Records via le single Studio 54 |
| Tournées de première partie | Scènes ouvertes pour Soccer Mommy et Mannequin Pussy, passages à Green Man et Manchester Psych Fest |
| Blown (EP) | Sortie fin août 2025, virage guitare assumé |
| Album synth-pop expérimental | Réalisé dans la foulée, jamais officiellement publié tel quel |
| Mad Cool Festival | Set salué comme un point fort, révélations à ZikNation |
| Tournée à venir | Dates programmées aux côtés de Blondshell |
Cap sur la tournée avec Blondshell
L’entretien se referme sur une note enjouée. Interrogée sur sa prochaine tournée aux côtés de Blondshell, Tamsin Stephens ne cache pas son enthousiasme : « I’m really excited. We’ve spoken on DMs and she seems really nice. It’s gonna be fun. »
Une déclaration en apparence anodine, mais qui referme la boucle du récit livré à Mad Cool : d’un doute nourri par la comparaison avec d’autres tourneurs à l’anticipation sereine d’un compagnonnage de scène choisi. Le contraste dit assez le chemin parcouru depuis Blown.
Ce qu’il faut retenir de cette étape
TTSSFU n’a dévoilé ni titre, ni date de sortie précise pour son prochain disque — l’entretien à Mad Cool relève de la confidence, pas de l’annonce officielle. Mais la direction est claire : retour à la dream-pop, influences pop assumées côté Robyn et Caroline Polachek, matériaux puisés dans un album expérimental resté dans les tiroirs, et une confiance retrouvée après une traversée du doute. Reste à savoir si le disque à venir tiendra la promesse d’un son "a lot more synthy" — la meilleure façon de le vérifier restera, comme toujours, d’écouter la suite.



