4 Non Blondes annoncent « 1994 », leur premier album depuis 1992

4 Non Blondes annoncent « 1994 », leur premier album depuis 1992

Vous n’avez pas oublié ce cri. Ce « What’s up ? » lancé depuis les toits du monde en 1993, porté par la voix de Linda Perry comme un feu d’artifice qui n’avait pas été prévu. Plus de trois décennies plus tard, les 4 Non Blondes reviennent — non pas pour une tournée nostalgique de plus, mais avec un véritable album studio. Leur deuxième. Le premier depuis « Bigger, Better, Faster, More! », sorti en 1992. Le retour de 4 Non Blondes album 1994 est désormais officiel : l’opus s’appellera sobrement « 1994 » et est attendu pour 2026.

L’annonce a été faite en marge de la cérémonie des Ivor Novellos, l’une des distinctions musicales les plus prestigieuses du Royaume-Uni, où Linda Perry a reçu le Special International Award — aux côtés d’anciens lauréats tels que Brandon Flowers des Killers, Bon Jovi ou encore Shakira.


Un groupe qui n’avait pas fini ce qu’il avait commencé

Les 4 Non Blondes se forment en 1989 à San Francisco, autour d’une rencontre improbable dans les bars de la ville. Christa Hillhouse, bassiste, remarque une jeune femme qui joue seule en acoustique — Linda Perry. De cette intuition naît un quatuor qui ne ressemble à rien de ce que l’industrie attendait.

Le groupe, dans sa formation la plus connue, réunit Perry au chant et à la guitare, Hillhouse à la basse, Shaunna Hall à la guitare et Dawn Richardson à la batterie — bien que la composition ait évolué au fil des premières sessions d’enregistrement.

Leur premier album, Bigger, Better, Faster, More!, sort en 1992 chez Interscope/Atlantic Records, produit par David Tickle, collaborateur de Prince. Il passe d’abord presque inaperçu — le premier single, Dear Mister President, ne déclenche pas de raz-de-marée. C’est l’année suivante que tout bascule.

« What’s Up ? » : l’hymne qui a survécu à tout

En 1993, What’s Up ? explose. Le titre monte à la deuxième position des charts britanniques, puis en Allemagne, en Suède. Aux États-Unis, il s’écoule à 500 000 exemplaires en quelques mois. L’album atteint finalement six millions de copies vendues au total, certifié multi-platine dans plusieurs pays.

📌 À retenir : What’s Up ? n’était que le second single de l’album. Sa montée en puissance, tardive et irrésistible, illustre parfaitement la mécanique d’un hit qui prend le monde par surprise — et qui ne le lâche plus.

Le titre a depuis été repris par des artistes aussi divers que Dolly Parton et Lady Gaga, ce qui en dit long sur sa capacité à traverser les genres et les générations. On peut également noter que ce phénomène de reformation après une longue absence n’est pas isolé dans le paysage rock : Saosin est revenu en 2026 avec un premier single en dix ans, tandis que Blossoms a également signé son retour avec un single inédit après plusieurs années de silence.

Le groupe, pourtant, ne survit pas à son propre succès. Des tensions internes et des rumeurs — certaines malveillantes, notamment sur la prétendue fabrication de leur image par leur label pour surfer sur la vague grunge — fragilisent la cohésion. En 1994, Linda Perry quitte le groupe. La dissolution suit peu après.

La reformation : quand les retrouvailles deviennent un second chapitre

La réunion n’est pas tombée du ciel. Selon les propos de Perry rapportés par ZikNation, le groupe s’est retrouvé l’année dernière — sans événement déclencheur particulier, sans tournant spectaculaire. Juste des musiciens qui se retrouvent, et qui réalisent que quelque chose reste à faire.

Ce qui aurait pu rester un simple exercice de nostalgie a rapidement pris une autre dimension. Un concert au Shepherd’s Bush Empire à Londres — leur premier au Royaume-Uni en trente ans — a été annoncé. Puis, la confirmation d’un album. Enfin, la récompense aux Ivor Novellos, qui donne à l’ensemble une légitimité institutionnelle.

Pour les fans qui souhaitent les voir sur scène, 4 Non Blondes sont de retour à Londres en 2026 pour un concert dont la billetterie est ouverte.

💡 Astuce : Si vous souhaitez les voir en live avant la sortie de l’album, le concert londonien représente une occasion rare — c’est leur première date au Royaume-Uni depuis leur apogée des années 90.

« 1994 » : un titre, un manifeste, une promesse

Le choix du titre « 1994 » n’est pas anodin. C’est l’année de la dissolution du groupe — celle où tout s’est arrêté. En baptisant ainsi leur retour, les 4 Non Blondes ne fuient pas leur histoire : ils la regardent en face, peut-être pour la réécrire.

Sur le tapis rouge des Ivor Novellos, Linda Perry a livré une confidence précieuse sur sa philosophie créative :

« Je ne peux parler que pour moi-même et j’essaie simplement d’écrire à partir de mon expérience personnelle pour la rendre aussi vraie et honnête que possible. Quand je travaille avec quelqu’un et que j’écris une chanson avec lui ou pour lui, je dois creuser en lui pour découvrir où il en est émotionnellement. C’est alors que je peux créer quelque chose qui semble authentique. »

Cette déclaration n’est pas une posture de promotion. Elle prolonge une conviction que Perry a défendue tout au long de sa carrière de productrice et compositrice — une carrière qui a produit, entre autres, Beautiful pour Christina Aguilera, What You Waiting For ? pour Gwen Stefani et Get the Party Started pour P!nk. Elle a également travaillé avec Ringo Starr, Adele, Alicia Keys et James Blunt, et fondé deux labels de musique indépendants.

Perry a aussi évoqué la valeur des morceaux moins connus :

« Il y a ces très bons morceaux d’album que les gens négligent et qui sont super importants, et ce sont ceux qui sont vraiment remplis d’or. »

Un message qui ressemble à une promesse : « 1994 » ne sera pas un album conçu pour produire un nouveau What’s Up ?. Il sera, selon toute vraisemblance, quelque chose de plus ancré, de plus risqué — un disque de rock taillé dans les années 90, fidèle à l’esprit du groupe plutôt qu’à ses recettes commerciales.

La dimension culturelle d’un retour attendu

Il serait réducteur de voir dans ce retour une simple opération de marketing nostalgique. Les 4 Non Blondes ont occupé une position singulière dans le paysage musical de leur époque : ni tout à fait grunge, ni tout à fait pop, avec un son qui mêlait rock alternatif, funk et éléments psychédéliques, et une chanteuse dont la voix n’appartenait à aucune case.

Le groupe a tourné en première partie de Pearl Jam, Bob Dylan et Neil Young — une compagnie qui en dit long sur la crédibilité qu’il avait su acquérir au-delà de son seul single phare. Il a reçu trois récompenses aux Bay Area Music Awards de San Francisco. Et pourtant, il n’a jamais sorti qu’un seul album.

Cette réalité donne à « 1994 » une dimension presque vertigineuse : un groupe qui n’a eu le temps de produire qu’une seule œuvre studio complète, et dont l’impact culturel a largement dépassé ce cadre. La question n’est plus de savoir si les 4 Non Blondes peuvent encore sonner juste — c’est de savoir ce qu’ils ont à dire, trente ans après.

Perry le sait mieux que quiconque : « Les gens ont besoin de savoir qu’il y a d’autres chansons que le simple hit. »

Parallèlement à ce projet, elle a également confirmé la sortie d’un album solo, intitulé « Let It Die Here », dans lequel elle entend exhumer des compositions restées dans ses tiroirs.

⚠️ Attention : À ce stade, aucune date de sortie précise pour « 1994 » n’a été communiquée, si ce n’est l’année 2027. Aucun single n’a encore été annoncé. Les informations disponibles restent celles révélées en marge de la cérémonie des Ivor Novellos.

L’industrie du rock traverse une période où les retours se multiplient — Interpol a récemment dévoilé ses premiers singles d’un nouvel album très attendu, et des formations légendaires comme Deep Purple continuent de produire avec une constance remarquable. Dans ce contexte, le retour des 4 Non Blondes tranche par ce qu’il n’est pas : une reformation opportuniste. C’est un groupe qui, pour la première fois depuis 1992, a quelque chose à enregistrer.

Et cette fois, ils ont l’intention d’aller jusqu’au bout.


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