Kingswood Midnight Mavericks : l’Americana s’invite à Melbourne

Kingswood Midnight Mavericks : l’Americana s’invite à Melbourne

Vous pensiez que Melbourne avait épuisé ses surprises musicales ? Kingswood vient de prouver le contraire avec Midnight Mavericks, leur huitième album studio sorti le 22 mai 2026, et ce disque est peut-être le tournant le plus audacieux de leur carrière. Là où d’autres groupes se contentent de polir leurs acquis, ces Melbourniens ont choisi de planter leurs boots dans la poussière de l’Americana, d’accrocher du pedal steel à leurs guitares électriques, et de raconter des histoires qui se lisent mieux à deux heures du matin qu’en plein jour.

Kingswood Midnight Mavericks ne ressemble à aucun de leurs albums précédents. C’est un disque de nuit, écrit dans le silence qui suit les concerts, façonné par les longs trajets en van et les chambres d’hôtel impersonnelles — là où l’on finit inévitablement par se retrouver seul avec soi-même. Un contexte propice aux révélations, et manifestement fertile pour la songwriting.

Ce virage vers le country-rock s’inscrit dans une tendance plus large de la scène musicale australienne, où plusieurs artistes — comme Lydia Lunch et Tex Perkins en tournée australienne en 2026 — explorent les croisements entre les genres et les héritages anglo-américains.


Un groupe de Melbourne qui choisit la route de Nashville

Kingswood existe depuis 2007. En près de deux décennies, le groupe a accumulé les certifications multi-Platine et Or de l’ARIA, les nominations aux Golden Guitar Awards (quatre au total), et un compteur de plus de 80 millions de streams mondiaux. Ils ont partagé des scènes avec AC/DC et Aerosmith. On ne peut pas vraiment les accuser de manquer d’ambition.

Pourtant, Midnight Mavericks marque quelque chose de différent. Un choix délibéré de quitter le rock stadium pour quelque chose de plus usé, de plus intime — ce que le groupe décrit lui-même comme "worn in, not dressed up" (porté, pas habillé).

Les influences sont déclarées sans détour : Tom Petty, Neil Young, Gram Parsons, Alan Jackson, Johnny Cash, Lynyrd Skynyrd. Un panthéon de la country-rock américaine convoqué à Melbourne, ce qui est — convenons-en — une ambition de taille.

📌 À retenir : Midnight Mavericks est le huitième album studio de Kingswood, sorti le 22 mai 2026. Produit par Alexander Laska, il marque un tournant stylistique assumé vers le country et l’Americana. L’album a déjà généré un impact significatif sur les radios nationales australiennes, dont la rotation principale de Triple M Country.

La genèse nocturne de l’album

Le titre Midnight Mavericks n’est pas une posture marketing. Il décrit littéralement les conditions dans lesquelles l’album a été conçu. Comme l’explique le chanteur Fergus Linacre à Apple Music :

"Not to say the whole album was written after midnight, but certainly the focus and a lot of the feeling and the spirit was formulated in that time. That time feels more appropriate for the music we’re trying to make."

Cette phrase dit tout. L’album explore ce qui reste de l’être humain une fois la lumière éteinte — l’ambition débarrassée de ses oripeaux, l’amour dans sa forme la plus hésitante, la loyauté testée par l’éloignement, la tentation de la fuite. Des thèmes universels traités avec la précision du songwriting country : une image concrète, un personnage, une situation, et la vérité qui en découle naturellement.

Le groupe décrit Midnight Mavericks comme "un album qui force à se confronter à soi-même quand personne ne regarde." Il y a quelque chose de pascalien là-dedans — tous les malheurs de l’homme viennent de ne pas savoir rester en repos dans une chambre.

Alexander Laska : producteur et co-auteur de l’intégralité de l’album

La singularité de cet album tient aussi à une décision de production radicale. Alexander Laska, guitariste du groupe, a non seulement produit l’album, mais co-écrit la totalité des titres. Une cohésion créative rare qui explique l’unité stylistique du disque.

Ce n’est pas le premier rôle de Laska dans la machine Kingswood, mais c’est ici qu’il s’affirme pleinement comme architecte sonore. Sa vision du West Coast country rock — pedal steel, mandoline, harmonies vocales à quatre voix — structure chaque chanson avec une rigueur qui n’exclut pas la chaleur.

Le single "Faith", co-écrit avec Tyler Halverson et le hitmaker Jon Decious (connu pour son travail avec Lainey Wilson), illustre parfaitement cette méthode : un riff de guitare tranchant sur un fond country-Americana, pour dresser le portrait d’une femme libre et résiliente, "navigating life with her mama’s wisdom."

L’album a également bénéficié d’un soutien institutionnel notable : ABC Music a signé un partenariat avec le groupe, enthousiasmé par les nouvelles compositions. Le chanteur country américain Kip Moore a personnellement sélectionné Kingswood pour assurer sa première partie en Australie — une forme de validation transatlantique qui ne s’invente pas.

Les titres phares de Midnight Mavericks

La tracklist complète dessine un arc narratif cohérent, entre désir, nostalgie et reconstruction :

  • "Two Lovers" (feat. Steph Greenwood) — Sur la possibilité — rare et admirable — de rester dans la vie de quelqu’un après la rupture. "Celebrating that," dit Linacre.
  • "Lovin’ A Girl" — Laska décrit la sécurité dangereuse du fantasme : "There’s no risk of commitment. There’s no risk of heartbreak. But what sort of existence is that ?"
  • "Highway Signs" — Une méditation sur les panneaux qui jalonnent les routes américaines (église, armes, bail bonds, Walmart) et leurs équivalents intérieurs sur les routes australiennes.
  • "Mary Jane", "Jenny", "Faith", "Pouring Rain" — des personnages, des situations, des vignettes de storytelling country.

💡 Astuce : L’album est disponible sur Apple Music et Spotify, avec une écoute commentée titre par titre par Fergus Linacre et Alex Laska sur Apple Music.

The Action : le nouveau single qui célèbre la renaissance

En parallèle de la sortie de l’album, Kingswood a dévoilé un nouveau single : The Action. C’est peut-être le morceau le plus immédiat du disque — un "dance floor belter" selon Linacre — mais il cache sous son énergie communicative une vérité émotionnelle précise.

Fergus Linacre l’explique avec une métaphore aquatique qu’on n’oublie pas facilement : "The Action est une histoire de deux personnes qui se rencontrent dans un bar. Mais surtout, c’est ce moment où tu te sens bien à nouveau après une rupture, où tu as nagé au-delà des vagues déferlantes du chagrin d’amour, et où tu es prêt à te relever sur ta planche et à surfer à nouveau."

Alex Laska complète : "The essence and the beauty of the song is that this person hasn’t been dulled or their appetite for romance hasn’t been diminished by heartbreak." Le personnage sort de l’épreuve intact dans ses désirs — peut-être même plus affûté.

The Action rejoint ainsi les singles déjà diffusés — "Lovin’ A Girl", "Last First Kiss", "Highway Signs" et "Faith" — qui ont tous obtenu des rotations radio sur les réseaux Triple M Country et Triple M Main, ainsi qu’une percée dans le Countrytown Top 50 National Country airplay chart.

La CMA board de Nashville a également accordé une attention internationale à l’album — ce qui, pour un groupe de Melbourne, constitue une reconnaissance qui mérite d’être soulignée.

La tournée nationale australienne 2026

Midnight Mavericks n’est pas qu’un objet discographique : c’est aussi une tournée nationale qui a déjà démarré. Les dates confirmées couvrent l’ensemble du territoire australien :

Date Ville Salle
Vendredi 15 mai Perth Rosemount Hotel
Samedi 16 mai Adelaide The Gov
Vendredi 22 mai Melbourne The Corner Hotel
Samedi 23 mai Port Douglas Savannah Sounds Festival
Jeudi 28 mai Brisbane Lefty’s Music Hall
Vendredi 29 mai Sydney The Factory Theatre
Samedi 30 mai Hunter Valley Full Throttle Ranch
Vendredi 19 juin Cairns Tanks Art Centre
Samedi 20 juin Cooktown Discovery Festival
Samedi 15 août Hepburn Springs (VIC) Hepburn Palais

La date du Hepburn Palais (15 août 2026) est présentée comme un événement tous publics (All Ages) dans un cadre historique intimiste — l’antithèse du stade, et peut-être le cadre idéal pour un album de cette nature.

Les billets sont disponibles sur kingswoodband.com et via Oztix.

Cette mobilisation scénique rappelle d’autres tournées nationales marquantes de l’année, comme le retour de TISM en tournée nationale australienne après 30 ans d’absence — signe d’un calendrier live australien particulièrement chargé en 2026.

Kingswood dans le paysage du rock-country australien

Le virage de Kingswood vers l’Americana n’est pas un caprice. Il s’inscrit dans un mouvement plus large de la scène australienne, où le country-rock reprend des droits depuis plusieurs années. Le pays a toujours entretenu une relation particulière avec la musique des grands espaces américains — il suffit de rappeler que Don McLean est venu en Australie en 2026 pour les 55 ans d’American Pie, et que la réception du public a confirmé la vitalité de cet héritage.

Kingswood occupe aujourd’hui un espace singulier : assez connus pour remplir des salles de taille moyenne dans toutes les capitales, assez audacieux pour renoncer aux formules qui fonctionnaient, assez solides musicalement pour que leur évolution sonne comme une évidence plutôt qu’une fuite.

Avec Midnight Mavericks, ils ne cherchent pas à ressembler à Tom Petty. Ils cherchent à trouver ce que Tom Petty aurait cherché s’il avait grandi à Melbourne, conduit sur la Hume Highway et regardé les eucalyptus défiler à deux heures du matin. C’est là que réside l’honnêteté du projet — et peut-être sa durée de vie.

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