Earl Slick retrouve la formation Glastonbury 2000 de Bowie pour « Live On The Loch »

Earl Slick retrouve la formation Glastonbury 2000 de Bowie pour "Live On The Loch"

Vous pensiez que certaines formations mythiques n’existaient plus que dans les archives vidéo et les mémoires des fans ? Earl Slick vient de démentir cette croyance confortable. Le guitariste légendaire de David Bowie retrouvera en novembre 2026 plusieurs membres de la formation historique du concert de Glastonbury 2000 pour un événement caritatif exceptionnel : Live On The Loch, au profit de Save The Children. Un rendez-vous qui s’annonce comme bien davantage qu’un simple concert nostalgie — une résurrection artistique portée par des musiciens qui savent exactement ce qu’ils célèbrent.

Car il faut rappeler ce que représente cette formation. Le concert de Glastonbury en l’an 2000 est unanimement considéré parmi les prestations scéniques les plus abouties de Bowie. Certains critiques, et Slick lui-même, n’hésitent pas à qualifier ce groupe comme "la meilleure formation que Bowie ait jamais eue". Une affirmation audacieuse pour une carrière peuplée de musiciens d’exception, mais une affirmation qui s’écoute.


Earl Slick et Bowie : une histoire qui commence bien avant Glastonbury

La relation entre Earl Slick et David Bowie ne se résume pas à un concert dans un champ du Somerset. Elle couvre plusieurs décennies, plusieurs vies musicales, plusieurs ruptures et retrouvailles — le genre de partenariat artistique qui ressemble davantage à un mariage tumultueux qu’à une collaboration professionnelle.

Slick entre dans l’orbite Bowie en 1974, pour la tournée Diamond Dogs — l’une des productions scéniques les plus extravagantes de l’histoire du rock, un spectacle de dystopie urbaine inspiré de Ziggy et d’Orwell qui mobilisait des décors de gratte-ciels articulés et des effets de scène dignes de Broadway. Le jeune guitariste new-yorkais, rugueux et instinctif, apporte une texture électrique brute qui contraste magnifiquement avec la sophistication conceptuelle de Bowie.

Il revient pour la tournée Station to Station en 1976, puis disparaît, puis revient encore. Cette intermittence n’est pas une trahison — c’est la géographie naturelle d’une relation artistique fondée sur l’élective affinité plutôt que sur le contrat.

"Jouer avec David n’était pas comme jouer avec quelqu’un d’autre. Il vous entendait vraiment. Il réagissait à ce que vous faisiez, en temps réel, sur scène."
Earl Slick, interview accordée au magazine Guitar World

La formation Glastonbury 2000 : pourquoi ce groupe était différent

Quand David Bowie monte sur la scène de Glastonbury le 25 juin 2000 — une heure de grande écoute, un public de légende, une nuit estivale qui restera dans les annales — il n’est pas seul. Il est entouré d’un groupe assemblé avec une précision quasi chirurgicale.

Les musiciens qui ont fait ce concert immortel

La formation comprenait, aux côtés de Slick :

  • Mark Plati — directeur musical et bassiste, architecte sonore discret mais essentiel
  • Gail Ann Dorsey — bassiste et chanteuse, dont le duo vocal avec Bowie sur Under Pressure reste l’un des moments les plus bouleversants du concert
  • Sterling Campbell — batteur, rythmique d’acier et de velours
  • Mike Garson — pianiste, présent depuis Aladdin Sane, apportant sa touche avant-gardiste inimitable
  • Holly Palmer et Emm Gryner — choristes, voix qui enveloppent et élèvent

Ce n’était pas un groupe de session. C’était un ensemble soudé, rodé par des mois de tournée, capable de naviguer entre les périodes de Bowie avec une fluidité qui tenait du prodige. Ziggy Stardust, Heroes, Life on Mars, China Girl — chaque chanson sonnait à la fois comme un hommage fidèle et une réinvention vivante.

📌 À retenir : La formation Glastonbury 2000 est l’une des rares à avoir couvert l’ensemble de la discographie de Bowie avec une cohérence sonore et émotionnelle unanimement saluée par la critique et les fans.

"Live On The Loch" : le concert caritatif de novembre 2026

L’événement Live On The Loch se tiendra en novembre 2026 dans un cadre qui possède sa propre poésie : au bord d’un loch écossais, cette géographie brumeuse et mélancolique semble naturellement accordée à la musique de Bowie, cet artiste qui a toujours su habiter les paysages intérieurs.

Une cause qui donne du sens à la réunion

Le concert bénéficiera à Save The Children, l’organisation internationale de protection de l’enfance. Cette dimension caritative n’est pas anodine — elle inscrit la réunion dans une continuité avec l’engagement humaniste de Bowie lui-même, qui n’a jamais séparé art et responsabilité sociale.

La décision d’Earl Slick de participer à cet événement est éloquente. Le guitariste, qui est aujourd’hui reconnu comme une figure majeure du rock américain bien au-delà de sa collaboration avec Bowie, aurait pu se contenter d’une carrière solo florissante. S’il choisit de revenir à cette formation spécifique, c’est que quelque chose dans cette musique appelle encore.

Ce que les fans peuvent espérer entendre

Sans que la setlist ait été rendue publique à ce stade, la logique musicale de ce rassemblement suggère un voyage à travers les grandes décennies de Bowie. Plusieurs titres emblématiques du concert de Glastonbury 2000 pourraient naturellement figurer au programme :

  • Wild Is the Wind
  • Ashes to Ashes
  • Heroes
  • Ziggy Stardust
  • Let’s Dance
  • Station to Station
  • Life on Mars

⚠️ Attention : À la date de rédaction de cet article, la setlist officielle n’a pas été confirmée. Les titres évoqués ici s’appuient sur le répertoire joué lors du concert original de 2000.

Les dernières sessions avec Bowie : ce que Slick emporte avec lui

La mort de David Bowie en janvier 2016 — deux jours après la sortie de Blackstar, ultime message codé d’un artiste qui savait — a laissé un silence dans la musique contemporaine que personne n’a vraiment su combler depuis. Pour Earl Slick, la perte était à la fois universelle et profondément personnelle.

Slick avait participé aux sessions de The Next Day (2013), l’album surprise qui marquait le retour de Bowie après une décennie de silence discographique. Être rappelé pour cet enregistrement secret, conçu dans une confidentialité quasi monastique aux studios The Magic Shop de New York, était en soi une forme de reconnaissance artistique absolue.

Ce retour dans le studio, après des années d’absence, a laissé à Slick une empreinte particulière. Il sait ce que c’est que de jouer avec Bowie au sommet de sa lucidité créatrice, dans un contexte dépouillé de tout artifice commercial. Cette expérience colore fatalement la manière dont il abordera Live On The Loch — non comme une reconstitution muséale, mais comme une continuation vivante.

💡 Astuce : Pour redécouvrir la formation Glastonbury 2000 avant l’événement de novembre, le concert est disponible dans son intégralité sur plusieurs plateformes de streaming, sous le titre "Glastonbury 2000" — un document sonore et visuel d’une qualité rare.

"La meilleure formation que Bowie ait jamais eue" : ce que cette phrase signifie vraiment

Cette qualification — que Slick lui-même a utilisée dans plusieurs interviews — mérite qu’on s’y arrête. Elle ne minimise pas les Spiders From Mars, ni le groupe qui enregistra Young Americans, ni les musiciens de Let’s Dance. Elle dit autre chose.

Elle dit qu’à Glastonbury, en l’an 2000, quelque chose de rare s’est produit : un artiste au faîte de sa maturité, entouré de musiciens capables de le comprendre dans toutes ses dimensions, devant un public prêt à recevoir l’intégralité d’une œuvre. Ni la frénésie glam des années soixante-dix, ni la froideur électronique de Berlin, ni le vernis commercial des années quatre-vingt — une synthèse totale.

Mike Garson, présent à Glastonbury et potentiellement à Live On The Loch, incarne à lui seul cette dimension. Son piano, qui depuis Aladdin Sane (1973) dépose sur la musique de Bowie une couche d’inquiétude harmonique insurmontable, est l’une des lignes de continuité les plus puissantes de toute cette histoire.

La réunion de cette formation n’est donc pas un exercice de commémoration passive. C’est une affirmation : cette musique vit encore, ces musiciens ont encore quelque chose à se dire, et le public a encore quelque chose à recevoir.

Live On The Loch en novembre 2026 sera peut-être l’occasion de le vérifier, au bord de l’eau froide, dans le silence qui précède les grandes choses.



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