- ‘Movin’ On Up’ : quand une chanson devient un monument
- Geese à Glasgow : une soirée qui déborde de son cadre
- La réaction de Primal Scream : un signe qui compte
- Geese, ou l’art de porter une époque sans la singer
- Le renouveau du rock guitare : Geese comme repère
- ‘Apollo’ et la suite : ce que Geese prépare
- FAQ
Geese reprennent Primal Scream à Glasgow : la tournée qui enflamme
Vous étiez à Glasgow le 18 mars 2026, ou vous avez suivi les réseaux sociaux dans les heures qui ont suivi : le nom de Geese circule avec une intensité particulière depuis ce soir-là. Le groupe new-yorkais, en pleine tournée européenne, a choisi la scène de la Barrowland Ballroom pour offrir l’une des surprises les plus commentées de ce début d’année musicale — une reprise de ‘Movin’ On Up’, le titre d’ouverture de Screamadelica, sous les yeux incrédules d’un public écossais qui n’avait probablement pas besoin d’un tel cadeau pour chavirer. Primal Scream eux-mêmes ont réagi avec enthousiasme sur les réseaux sociaux, saluant le geste avec une chaleur qui dit beaucoup sur la trajectoire actuelle de Geese. Pour comprendre pourquoi ce Geese cover Primal Scream Glasgow résonne si fort, il faut remonter à l’origine du morceau, mesurer ce que représente ce groupe aujourd’hui, et saisir pourquoi ce moment n’est pas anodin dans le paysage du rock en 2026.

‘Movin’ On Up’ : quand une chanson devient un monument
‘Movin’ On Up’ n’est pas une chanson ordinaire. Elle ouvre Screamadelica, l’album sorti en 1991 qui a redéfini les frontières du rock britannique en l’hybridant avec la house, le gospel et la psychédélie. Produit par Andrew Weatherall et Hugo Nicholson, l’album reste l’une des oeuvres les plus citées de la décennie — récompensé par le tout premier Mercury Prize en 1992, il a posé les bases d’une fusion sonore que l’on continue d’explorer trente ans plus tard.
Le morceau lui-même est une déclaration d’intention : une ligne de basse hypnotique, des choeurs gospel qui montent vers quelque chose d’indéfinissable, et la voix de Bobby Gillespie portée par une confiance tranquille. Ce n’est pas une chanson sur la réussite — c’est une chanson sur la foi en quelque chose. Ce détail compte, parce que c’est précisément cette qualité d’élévation que Geese a su restituer lors de ce concert à Glasgow.
Screamadelica reste un disque de référence pour toute une génération de musiciens formés dans les années 1990 et 2000. Son influence est documentée, massive, transversale. Le choisir comme matière à reprendre, c’est s’inscrire dans une filiation assumée.

Geese à Glasgow : une soirée qui déborde de son cadre
La Barrowland Ballroom est l’une des salles les plus mythiques du Royaume-Uni. Sa jauge de 1 900 personnes, son parquet rebondissant et sa réputation de salle où les grandes légendes ont sué sang et eau en font un lieu chargé. Que Geese ait choisi ce contexte précis pour dégainer ‘Movin’ On Up’ n’est probablement pas un hasard.
Le concert du 18 mars s’inscrit dans la tournée européenne printanière du groupe, qui traverse le Vieux Continent avec une setlist construite autour de ‘Getting Killed’, leur deuxième album sorti fin 2024 et sacré meilleur album de l’année 2025 par le NME. Cette distinction n’est pas anodine : le NME, organe historique du rock britannique, a consacré un groupe américain pour la première fois depuis plusieurs années, signalant ainsi quelque chose de plus large qu’un simple engouement critique.
Le public de Glasgow, ville natale de Primal Scream et terrain émotionnel particulièrement fertile pour quiconque s’aventure à reprendre leurs morceaux, a réservé un accueil électrique à la reprise. Les vidéos qui ont circulé dans les heures suivantes montrent une salle en fusion, des bras levés, et cette qualité particulière du silence qui précède les grands débordements collectifs.
La réaction de Primal Scream : un signe qui compte
Ce qui distingue cet épisode d’une simple reprise de scène, c’est la réaction de Primal Scream eux-mêmes. Bobby Gillespie et le groupe ont relayé et commenté l’événement avec un enthousiasme sincère, saluant Geese comme des dignes héritiers de quelque chose qu’ils peinent à nommer avec précision — ce qui est souvent le signe que la transmission a vraiment eu lieu.
Ce type de validation intergénérationnelle est rare dans le rock, univers où les anciens observent souvent les nouveaux venus avec une méfiance polie. Qu’elle vienne de Glasgow, de la part d’un groupe dont l’oeuvre est intrinsèquement liée à sa ville, lui confère une légitimité particulière.
Les interactions entre générations musicales sont souvent asymétriques : les jeunes groupes citent leurs influences, les influences ignorent. Ici, la boucle est bouclée, et elle l’est publiquement.
Geese, ou l’art de porter une époque sans la singer
Geese est un groupe de Brooklyn formé autour du guitariste et chanteur Cameron Winter, dont la musique tient d’une synthèse improbable entre le post-punk anguleux, la britpop des années 1990 et quelque chose de plus organique, difficile à catégoriser. Leur premier album, Projector (2021), avait déjà attiré l’attention de la presse spécialisée pour sa maturité formelle inhabituelle pour un groupe aussi jeune.
Mais c’est ‘Getting Killed’ qui a véritablement installé leur statut. Enregistré avec une économie de moyens qui sert le propos, l’album développe une tension narrative rare dans le rock contemporain. Le NME a salué "un groupe qui comprend que l’émotion brute et la construction musicale ne s’excluent pas". Cette formulation dit l’essentiel.
Les faits récents confirment une ascension dont le rythme surprend même les observateurs les mieux disposés :
- Passage remarqué au Saturday Night Live en janvier 2026, prestation qui a généré un pic de streaming inédit pour le groupe
- Présence aux BRIT Awards 2026, où leur nom a circulé dans les conversations en coulisses comme une évidence imminente
- Sortie du nouveau titre ‘Apollo’, premier extrait de ce qui semble être un troisième album en préparation, accueilli par une presse unanimement enthousiaste
Ce catalogue de faits dessine le portrait d’un groupe qui ne cherche pas la vitesse, mais qui ne freine pas non plus.
Le renouveau du rock guitare : Geese comme repère
La question du renouveau du rock guitare est un marronnier journalistique qui fleurit à chaque cycle. Pourtant, quelque chose de différent se joue depuis 2023-2024. Ce ne sont plus des annonces programmatiques, mais des disques — concrets, singuliers, qui se vendent et remplissent des salles.
Geese occupe une position particulière dans ce paysage :
- Ils revendiquent une filiation britannique (Primal Scream, Radiohead, The Verve) sans jamais pasticher
- Ils fonctionnent comme un groupe de scène au sens plein, chaque concert réinventant légèrement les architectures des morceaux enregistrés
- Leur trajectoire internationale — New York, Londres, Glasgow — suggère qu’ils ont compris que la légitimité du rock contemporain se construit dans les salles, pas uniquement dans les médias
La reprise de ‘Movin’ On Up’ à Glasgow n’est pas un exercice de style ni un hommage convenu. C’est un groupe qui dit à une ville, dans sa propre langue musicale : nous avons compris d’où vient ce son, et nous savons ce qu’il exige.
‘Apollo’ et la suite : ce que Geese prépare
Le titre ‘Apollo’, mis en ligne en février 2026, marque un tournant de registre. Plus aérien que les morceaux de Getting Killed, il convoque une imagerie spatiale qui tranche avec l’urgence terrestre de l’album précédent. La production, plus ouverte, laisse entendre que le groupe teste de nouvelles configurations sonores sans abandonner ce qui fait leur force : une rythmique qui tient, des mélodies qui restent.
Le titre a été joué lors de plusieurs dates de la tournée européenne actuelle, toujours en fin de set, ce qui suggère une fonction d’ouverture vers quelque chose à venir plutôt qu’une conclusion.
La tournée se poursuit jusqu’en avril, avec des dates confirmées à Paris, Amsterdam, Berlin et Copenhague. Chaque soir, la setlist varie légèrement. Chaque soir, quelque chose se joue qui dépasse le simple passage de relais.
Points clés à retenir
- Geese a repris ‘Movin’ On Up’ de Primal Scream lors d’un concert à la Barrowland Ballroom de Glasgow le 18 mars 2026
- Primal Scream a réagi publiquement avec enthousiasme, validant la démarche du groupe new-yorkais
- ‘Getting Killed’, leur deuxième album, a été sacré meilleur album 2025 par le NME
- Le groupe a récemment passé le SNL, été présent aux BRIT Awards et sorti le nouveau titre ‘Apollo’
- Cette reprise s’inscrit dans une dynamique plus large de renouveau du rock guitare, dans laquelle Geese occupe une place centrale
FAQ
Pourquoi Geese a-t-il repris ‘Movin’ On Up’ de Primal Scream à Glasgow ?
Glasgow est la ville natale de Primal Scream, ce qui donne à la reprise une dimension symbolique forte. La Barrowland Ballroom, salle mythique de la ville, offrait le contexte idéal pour rendre cet hommage. Le geste s’inscrit dans la filiation musicale assumée de Geese avec le rock britannique des années 1990.
Quelle a été la réaction de Primal Scream à la reprise de Geese ?
Primal Scream, et notamment Bobby Gillespie, ont réagi avec enthousiasme sur les réseaux sociaux, saluant le groupe new-yorkais et relayant les vidéos de la soirée. Cette validation intergénérationnelle a contribué à amplifier la portée médiatique de l’événement.
Qu’est-ce que ‘Screamadelica’ et pourquoi est-il important ?
Screamadelica est l’album de Primal Scream sorti en 1991, produit par Andrew Weatherall. Premier lauréat du Mercury Prize en 1992, il a fusionné rock, house et gospel pour créer un son unique qui continue d’influencer les musiciens. ‘Movin’ On Up’ en est le titre d’ouverture.
Pourquoi ‘Getting Killed’ de Geese a-t-il été sacré meilleur album 2025 par le NME ?
Le NME a salué dans Getting Killed une capacité rare à allier urgence émotionnelle et construction musicale sophistiquée. L’album s’est distingué dans un panorama rock contemporain souvent fragmenté, confirmant Geese comme l’un des groupes les plus aboutis de leur génération.
Qu’est-ce que le titre ‘Apollo’ de Geese annonce pour la suite ?
‘Apollo’, sorti en février 2026, marque un tournant sonore vers quelque chose de plus aérien et ouvert que les morceaux de Getting Killed. Il semble indiquer qu’un troisième album est en préparation, avec une évolution de la palette sonore du groupe tout en conservant leur signature rythmique et mélodique.
Geese a-t-il d’autres dates prévues en Europe ?
La tournée européenne printanière 2026 de Geese se poursuit jusqu’en avril, avec des dates confirmées à Paris, Amsterdam, Berlin et Copenhague, après les étapes britanniques dont Glasgow.



